Enquête sur les neurotransmetteurs et les TDA/H

Enquête sur les neurotransmetteurs et les TDA/H

Enquête sur les neurotransmetteurs et les TDA/H

Les neurotransmetteurs sont indispensables à notre bien-être, car ce sont eux qui permettent au cerveau de communiquer avec le reste du corps. De nombreuses substances jouent le rôle de neurotransmetteurs dans le cerveau. Certaines sont directement utilisées à partir de l’alimentation quotidienne.
C’est par exemple le cas de l’acide glutamique ou encore de la glycine, deux acides aminés que l’on trouve dans les protéines. Ils sont un peu l’illustration du vieil adage, « on est ce qu’on mange. »
D’autres ont des structures un peu plus complexes et le cerveau doit combiner et faire intervenir d’autres substances comme des minéraux ou des vitamines pour que les réactions chimiques nécessaires à la fabrication se fassent normalement.
Les neurotransmetteurs ont de multiples fonctions.

Lorsque l’action des neurotransmetteurs est perturbée, on voit souvent apparaître des troubles du comportement, comme l’anxiété, la dépression, voire l’agressivité. Or, il est aujourd’hui possible de doser dans les urines ou le sang les produits de dégradation de ces neurotransmetteurs, c’est-à-dire la trace de leur action dans le cerveau. Ces dosages permettent d’avoir une meilleure idée des relations entre tel neurotransmetteur et tel trait du comportement.
En ce qui concerne le cas de l’enfant TDA/TDAH, la recherche des neurotransmetteurs  impliqués se fait en fonction des symptômes présents chez l’enfant depuis plus de six mois. L’hyperactif implique un taux de cortisol élevé avec une phase de résistance. Les symptômes sont des palpitations et des peurs ainsi que des crampes musculaires. S’ensuit, un cortisol effondré qui induit la phase d’épuisement avec de la fatigue et des troubles immunitaires et digestifs. Aussi, le diagnostic peut être confirmé avec la recherche des traceurs sanguins de cofacteurs de synthèse comme le magnésium, le fer, le zinc, le cuivre…
Les neurotransmetteurs qui suivent sont les plus importants du cerveau pour le contrôle qu’ils exercent sur les neurones. Ce sont aussi les plus étudiés, et ceux qui sont le plus souvent la cible des molécules naturelles (nutrition) ou de synthèse (médicaments).

a. La dopamine
Dans le TDA/TDAH, la dopamine est le neuromédiateur le plus impliqué, elle concerne notamment l’initiation de l’action ou l’inhibition. Active dès 8 heures du matin, elle englobe les symptômes comme le repli sur soi, l’hyperactivité, l’impulsivité, la démotivation, l’indécision.
La dopamine est un neurotransmetteur synthétisé par certaines cellules nerveuses à partir de la phénylalanine puis de la tyrosine, un acide aminé (composant des protéines de l’alimentation) qui donne de la dopa, puis de la dopamine. Elle affecte le mouvement musculaire, la croissance des tissus, le fonctionnement du système immunitaire. Elle intervient dans la sécrétion de l’hormone de croissance.
Les réseaux dopaminergiques du cerveau sont étroitement associés aux comportements d’exploration, à la vigilance, la recherche du plaisir et l’évitement actif de la punition (fuite ou combat). La dopamine crée un terrain favorable à la recherche de plaisir ou d’émotions, à l’état d’alerte, au désir sexuel.
A l’inverse, lorsque la synthèse ou la libération de dopamine est perturbée, on peut voir apparaître démotivation, voire dépression de type mélancolique, caractérisées par une diminution de l’activité motrice et de l’initiative, une baisse de la motivation.
Ainsi, la dopamine joue sur trois circuits. Un premier circuit impliquant la formation réticulée ; un deuxième circuit impliquant le système limbique, siège de la mémoire et des émotions; un troisième circuit impliquant l’hypophyse et, en particulier l’hormone de croissance.

b. La noradrénaline
Dans le TDA, sans hyperactivité, le neuromédiateur concerné est la noradrénaline. Elle s’active à partir de 12h et englobe les symptômes comme le retrait, l’indifférence, l’inattention, la distraction, la fatigue et la dépression. La noradrénaline est synthétisée par certains neurones à partir du même acide aminé qui sert à fabriquer la dopamine.
Les structures noradrénergiques sont présentes dans le tronc cérébral, l’hypothalamus, le diencéphale, le cortex cérébral, le cervelet et la moelle épinière. Elles sont impliquées dans l’éveil cortical, le sommeil paradoxal, la régulation cardiaque, la régulation vasomotrice, la thermogenèse et les sécrétions digestives.
Ce neurotransmetteur est synthétisé à partir de la tyrosine. Il est important pour l’attention, l’apprentissage, l’éveil, la sociabilité et la sensibilité aux signaux émotionnels.
Chez l’homme, la diminution de la noradrénaline affecte l’acquisition de connaissances et d’associations nouvelles. Mais la caféine, qui augmente la noradrénaline du cerveau, améliore la capacité à accomplir des tâches répétitives, ennuyeuses, non sanctionnées par des récompenses.
Lorsque la synthèse ou la libération de noradrénaline est perturbée, peuvent apparaître repli sur soi, détachement, démotivation, dépression, baisse de la libido.

c. La sérotonine
Dans les troubles d’opposition et d’agressivité, le neuromédiateur concerné est la sérotonine et implique l’inhibition. Elle est activée à partir de 20h. La sérotonine est synthétisée par certains neurones à partir d’un acide aminé, le tryptophane, qui entre pour une petite partie dans la composition des protéines alimentaires. Elle joue un rôle majeur dans l’équilibre hormonal en plus de son rôle de neurotransmetteur, la coagulation sanguine, la venue du sommeil, la sensibilité aux migraines. Elle est utilisée par le cerveau pour fabriquer une hormone célèbre, la mélatonine.
Dans le cerveau, la sérotonine influence l’activité d’autres neurones, le plus souvent en diminuant leur fréquence de décharge, inhibant ainsi leur action. 
Chez l’homme, la sérotonine semble créer un terrain favorable aux comportements prudents, réfléchis, calmes voire inhibés. À l’inverse, des taux de sérotonine bas apparaissent associés à l’extroversion, l’impulsivité, l’irritabilité, l’agressivité, voire dans les cas extrêmes aux tendances suicidaires.

d. Le GABA
Dans les troubles de l’angoisse et les paniques, le neuromédiateur concerné est le GABA, (acide gamma-aminobutyrique) et implique l’inhibition de l’action. Il englobe les symptômes d’insomnie, d’anxiété, de panique et du manque de relativité. Le GABA est synthétisé à partir de l’acide glutamique. C’est le neurotransmetteur le plus répandu dans le cerveau. Le GABA semble impliqué dans certaines étapes de la mémorisation. Le GABA est aussi un neurotransmetteur inhibiteur, c’est-à-dire qu’il freine la transmission des signaux nerveux. Sans lui, les neurones pourraient littéralement s’emballer, transmettre des signaux de plus en plus vite, jusqu’à épuisement du système. Le GABA permet de les maintenir sous contrôle.
Le GABA favorise le calme et la relaxation, il diminue la tonicité musculaire, ralentit le rythme cardiaque, réduit les convulsions de l’épilepsie, ainsi que les spasmes musculaires. Surtout, on sait qu’il joue un rôle clé dans le contrôle de l’anxiété (une forme de « panique » électrique) depuis que le mode d’action des benzodiazépines a commencé d’être connu. Pour résumer, le GABA semble favoriser la relaxation, alors que des niveaux bas de ce neurotransmetteur entraînent des difficultés d’endormissement et de l’anxiété.

e. L’adrénaline
L’adrénaline active la réponse de l’organisme à un stimulus et, en général au stress. Elle agit sur le système nerveux sympathique et peut augmenter le pouls et la pression sanguine, améliorer la mémoire, diminuer la réflexion, augmenter la force de contraction musculaire, accroître le flux sanguin et la capacité respiratoire (par relâchement des muscles lisses), dilater les pupilles et faire se dresser poils et cheveux. Elle prépare l’organisme à une réaction du type « fuir » ou « faire face ». L’adrénaline est le neurotransmetteur qui nous permet de réagir dans une situation de stress. Des taux élevés d’adrénaline conduisent à la fatigue, au manque d’attention, à l’insomnie, à l’anxiété et dans certains cas à la dépression.

f. L’acétylcholine
L’acétylcholine est le seul neurotransmetteur majeur qui est synthétisé à partir d’une substance de l’alimentation, la choline et de la forme active de l’acide pantothénique (vitamine B5). L’acétylcholine est un neurotransmetteur « à tout faire » qui intervient dans le contrôle des mouvements, y compris le pouls, ainsi qu’une multitude de fonctions physiologiques.

C’est aussi le messager chimique de la mémoire. L’acétylcholine commande la capacité à retenir une information, la stocker et la retrouver au moment nécessaire.

Lorsque le système qui utilise l’acétylcholine est perturbé apparaissent des troubles de la mémoire, voire dans les cas extrêmes des formes de démence sénile.
Neurotransmetteurs et équilibre nutritionnel

Le cerveau utilise le quart de toute l’énergie produite et les milliards de neurones qu’il contient représentent la moitié des cellules nerveuses du corps. Il stimule les fonctions motrices, la digestion, la croissance, il interprète les expériences sensorielles et décide des réponses physiques et émotionnelles appropriées.Des déficits nutritionnels peuvent provoquer des déséquilibres chimiques qui pourront prendre la forme d’une fatigue, de trous de mémoire et d’anxiété.
Pour fabriquer la sérotonine à partir du tryptophane, comme pour fabriquer dopamine et noradrénaline à partir de l’acide aminé tyrosine, les cellules mettent en action une réaction biochimique qui nécessite la présence de vitamine B6, la pyridoxine. Une carence en pyridoxine entraine une mauvaise réaction, et la synthèse des neurotransmetteurs sera perturbée.
Le déficit en vitamine B6 peut alors agir comme révélateur d’une vulnérabilité héréditaire. Celles et ceux qui auront hérité d’une tendance à manquer de sérotonine vont vivre le déficit en pyridoxine sous la forme d’une augmentation anormale du niveau d’anxiété, d’irritabilité et d’agressivité.
Celles et ceux qui auront plutôt hérité d’une tendance à manquer de dopamine et de noradrénaline vont se sentir déprimés, démotivés. Dans ces cas précis de déficit, la prise de vitamine B6 va permettre de réguler indirectement l’humeur.

Les psychotoniques
En l’absence de maladie, ou de symptôme de déséquilibre, il apparaît possible de stimuler certaines fonctions du cerveau comme la mémoire ou la rapidité avec laquelle il traite des informations. Ceci peut être réalisé par l’apprentissage, mais également en favorisant les réactions chimiques auxquelles le cerveau fait appel pour accomplir certaines tâches.
L’exemple le plus simple est celui de l’apport de sang et d’oxygène : le cerveau en a besoin pour fonctionner. Dans certains cas, apporter plus de sang et d’oxygène se traduit par un meilleur fonctionnement, en particulier dans les phases d’acquisition des connaissances.
De la même manière, les chercheurs ont montré que l’on peut agir directement sur le niveau de certains neurotransmetteurs en modifiant dans l’alimentation la quantité des acides aminés qui leur donnent naissance.

Certains des acides aminés de l’alimentation servent à fabriquer des neurotransmetteurs :
• l’acide aminé tryptophane donne naissance à la sérotonine ;
• les acides aminées tyrosines et phénylalanine donnent naissance à l’adrénaline, la noradrénaline et la dopamine ;
• l’acide glutamique donne naissance au GABA ;
• L’acétylcholine est fabriquée à partir de choline, une substance apportée par les graisses alimentaires.

Cela signifie qu’il est parfois possible de moduler l’action d’un neurotransmetteur en apportant un peu plus de l’acide aminé qui sert à le fabriquer.
Ceci est en général réalisé au moyen de suppléments, c’est-à-dire en prenant l’acide aminé de manière isolée et à des doses relativement importantes. En nutrithérapie, afin de favoriser une bonne assimilation et la métabolisation, nous conseillons des compléments qu’il est nécessaire de coupler avec certains minéraux, oligo-éléments et vitamines dont la personne TDA/TDAH est souvent carencé.
– pour améliorer les capacités d’apprentissage et la mémoire,
– pour améliorer les capacités à se concentrer et atténuer l’anxiété et la dépression,
– pour stimuler la production de dopamine ainsi que la mémoire,
– pour stimuler la la mémoire
– pour apporter une harmonie hormonale
– pour favoriser la méthylation et pour protéger l’ADN.

Références:
Article publié: « The gut-brain axis in childhood developmental disorders » J Pediatr Gastroenterol Nutr, 2002, par le chercheur londonien Wakefield.
Dr Bruce Perry (Baylor College of Medicine, Houston, Texas)   
« Le trouble des conduites », Expertise Collective, Les éditions Inserm, 2005
Commission nationale de la naissance et de la santé de l’enfant : Parcours de soins des enfants et des adolescents présentant des troubles du langage et des apprentissages, collection CNNSE, 2013.
Pratiques de Santé, journal de la médecine naturelle :« Hyperactivité : tout plutôt que la Ritaline! » Pratiques de Santé, journal de la médecine naturelle, article du 17 juin 2008, hors série n.2. Dossier réalisé avec le concours du Dr Bauplé et de Vittoria Siegel (conseil en médecine nutritionnelle)
www.lanutrition.fr: Les 6 super-neurotransmetteurs de votre cerveau, article de Priscille TREMBLAIS – Vendredi 30 Septembre 2011; Les 10 produits chimiques en lien avec l’autisme et les troubles neurologiques, article de Jacques Robert – Mercredi 25 Avril 2012
www.soignez-vous.com: Le phosphate dans les aliments : les enfants poussés au bord de la folie, article du 14 février 2014.
Blog du C@fé des sciences : Immunité de l’enfant : comment le lait maternel agit-il ?, article de Pascale, du 22 janvier 2014. Développement cérébral et cognitif de l’enfant : impact de l’allaitement maternel, article de Pascale, du 13 mars 2013
Cerveau et Psycho, n. 47 : Pour une meilleure attention à l’école, Christophe Boujon, maître de conférence à l’université d’Angers, article publié en septembre-octobre 2011